Opération Caribbe
L'opération Caribbe constitue la participation récurrente des Forces canadiennes à la campagne multinationale contre le trafic illicite effectué par le crime organisé transnational dans le bassin des Caraïbes et dans l'Est de l'océan Pacifique.
L'opération Caribbe a commencé en novembre 2006. En octobre 2010, elle a été étendue avec la signature d'un protocole d'entente entre le commandant du Commandement Canada, au nom du ministère de la Défense nationale et des Forces canadiennes, et le Deputy Commandant for Operations de la U.S. Coast Guard, au nom du U.S. Department of Homeland Security. Ce protocole d'entente permet aux Law Enforcement Detachments (LEDET) de la U.S. Coast Guard d'opérer à partir de navires de guerre canadiens déployés dans le cadre de l'opération Caribbe.
En 2012, dans le cadre de l'opération Caribbe, les Forces canadiennes fournissent des navires et des aéronefs à l'opération Martillo, un effort interarmées, multinational et interinstitutions mené par les pays de l'hémisphère occidental et de l'Europe pour empêcher le trafic illicite dans le bassin des Caraïbes, dans l'Est de l'océan Pacifique et dans le littoral de l'Amérique centrale.
La force opérationnelle
Le commandant du COIC est le commandant soutenu pour l'opération Caribbe. Les forces déployées dans le cadre de l'opération sont normalement composées de navires de guerre de la Marine royale canadienne et d'aéronefs CP140 Aurora des escadrons de patrouilles à longue portée de l'Aviation royale canadienne.
Les navires de guerre canadiens déployés dans le cadre de l'opération Caribbe jouent un rôle de soutien et se chargent de trouver et de traquer les navires d'intérêt. Les navires transportant des Law Enforcement Detachments de la U.S. Coast Guard doivent également approcher et intercepter les navires suspects pour permettre aux membres des LEDET de mener leurs opérations d'arraisonnement.
Les aéronefs CP140 Aurora et leurs équipages déployés dans le cadre de l'opération Caribbe effectuent des sorties dans l'espace aérien international au-dessus du bassin des Caraïbes, du golfe du Mexique et de l'Est de l'océan Pacifique pour détecter, cerner et traquer les navires et les aéronefs d'intérêt.
Contexte de la mission
La menace
Les organisations criminelles transnationales se servent du bassin des Caraïbes et de l'Amérique centrale comme zones de transbordement pour le trafic illicite de drogues, d'armes, d'argent et de personnes. Le trafic illicite représente une source de revenus importante pour le crime organisé, ainsi qu'une menace croissante pour la sécurité nationale, régionale et internationale et, donc, pour l'Amérique du Nord et le Canada.
Les efforts de la communauté internationale en vue d'éliminer le trafic illicite ont commencé en 1931 avec la Convention de Paris, un traité de lutte contre les stupéfiants parrainé par la Société des Nations. En 1961, l'Organisation des Nations Unies a publié sa Convention unique sur les stupéfiants pour ajouter les opioïdes synthétiques à la liste de produits figurant dans la Convention de Paris. La Convention de 1971 sur les substances psychotropes de l'ONU et la révision de 1972 de la Convention unique sur les stupéfiants ont élargi encore plus le régime international de lutte contre les stupéfiants, et la Convention des Nations Unies contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes de 1988 a criminalisé le commerce international de drogues illicites.
Le lien entre le trafic illicite, le crime organisé et la corruption a été établi dans le droit international par la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale de l'an 2000 et par la Convention des Nations Unies contre la corruption de 2003.
La mission
Lancée en janvier 2012, l'opération Martillo est un effort interarmées, multinational et interinstitutionnel mené par les pays de l'hémisphère occidental et de l'Europe pour empêcher le trafic illicite dans le bassin des Caraïbes, dans l'Est de l'océan Pacifique et dans le littoral de l'Amérique centrale.
Les États-Unis ont pris la direction de l'opération Martillo en mettant sur pied une force opérationnelle interinstitutionnelle substantielle composée de ses ministères fédéraux de première ligne, notamment le Department of Homeland Security (représenté principalement par la U.S. Coast Guard), le Department of the Treasury, le Department of State, le Department of Justice et le Department of Defense. La formation de préparation est la Joint Inter-Agency Task Force South, commandement subalterne du United States Southern Command spécialisé dans les opérations interinstitutions et multinationales contre le trafic illicite, ainsi que dans le soutien en matière de renseignement de toutes sources pour ces opérations. En plus du Canada et des États-Unis, l'opération Martillo peut compter sur la participation de la France, des Pays-Bas, de l'Espagne et du Royaume-Uni.
L'opération Martillo démontre l'engagement de la communauté internationale envers la lutte contre la menace régionale du crime organisé transnational, ainsi qu'envers l'amélioration des communications et de la mise en commun de l'information entre les organismes d'application de la loi. Elle a réussi à perturber les opérations de trafic illicite dans le bassin des Caraïbes, dans l'Est de l'océan Pacifique et dans le littoral de l'Amérique centrale.
Les résultats
La collaboration internationale joue un rôle primordial dans la suppression du trafic illicite dans les eaux et l'espace aérien internationaux.
En 2010, les Forces canadiennes ont affecté les NCSM ALGONQUIN (destroyer), TORONTO et VANCOUVER (frégates) et PROTECTEUR (navire de ravitaillement) à l'opération. En tout, le destroyer et les frégates ont intercepté plus de 29 tonnes de drogues illégales, d'une valeur marchande de 580 millions de dollars américains.
En 2011, la participation du Canada a augmenté, avec le déploiement de deux destroyers, les NCSM ATHABASKAN et ALGONQUIN; de deux frégates, les NCSM TORONTO et ST. JOHN'S; de quatre navires de défense côtière, les NCSM GOOSE BAY, KINGSTON, MONCTON et SUMMERSIDE; et d'un sous-marin, le NCSM CORNER BROOK, en plus de sept déploiements de CP140 Aurora. Le NCSM ST JOHN'S a soutenu le garde-côte de la USCG CYPRESS lors de la récupération de 6 750 kilos de cocaïne d'un navire semi-submersible échoué et le NCSM TORONTO a livré un petit bateau chargé de 68 ballots de cocaïne à la marine du Nicaragua. Au cours de l'année financière 2011, la Joint Interagency Task Force South a relevé le mouvement de 767 tonnes de cocaïne de l'Amérique du Sud vers l'Amérique du Nord; pendant cette même période, 201 tonnes de cocaïne ont été saisies en haute mer, au Mexique ou en Amérique centrale, ou encore dans le bassin des Caraïbes. La valeur en gros de cette quantité (selon les prix dans les rues de Miami, en Floride), est estimée à plus de quatre milliards de dollars américains.
En 2012, dans le cadre de l'opération Martillo, les responsables de l'application de la loi, avec le soutien de navires et d'aéronefs militaires ainsi que de forces terrestres, ont saisi du matériel trafiqué de façon illicite d'une valeur se chiffrant à plusieurs millions de dollars. Le 17 juillet 2012, par exemple, une seule frégate de la U.S. Navy a saisi 2 408 kilos de cocaïne et 109 kilos de marijuana, pour une valeur d'environ 93 millions de dollars américains, pendant seulement six missions d'arraisonnement.
Liens externes
Gouvernement du Canada
Le Canada dans les Amériques : Priorités et progrès
Partenaires internationaux
United States Southern Command (page d'accueil, en anglais seulement)
Joint Interagency Task Force South (JIATF South) (en anglais seulement)
Documents pertinents des Nations Unies
Convention unique sur les stupéfiants de 1961 (modifiée le 24 mars 1972)
Convention sur les substances psychotropes (21 février 1971)
Convention contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes (25 mai 1988)
Convention contre la criminalité transnationale organisée (15 novembre 2000)
Convention contre la corruption 31 octobre 2003
- Date de modification :